30 décembre 2006
Pourquoi même la police le lache (5) : "faire du chiffre à tout prix"
http://videobaseproject.net/video81.html
Texte complet de l'interview (version longue)
Partie 1 : Intro
Ex-Officier de police : J'ai fait 20 ans dans la police, dans la police judiciaire, et à la fin de ces dernières années, j'étais syndicaliste. Et ce syndicat a explosé. J'ai été attendu à la sortie, de la manière qu'on peut supposer, et j'ai été déplacé, sanctionné de manière déguisée, et j'ai passé un petit moment d'enfer. Donc j'ai décidé de quitter la police, je suis aujourd'hui enseignant. Une des choses que je dénonçais déjà quand j'étais au syndicat et qui m'a d'ailleurs coûté assez cher, c'est la politique du chiffre et la manipulation de l'opinion concernant la délinquance. On a l'impression qu'on vit dans un état de guerre. J'ai pratiqué 20 ans dans la PJ, il y a des problèmes effectivement dans la société, comme il y en a dans toutes les sociétés, mais ce qui est le plus révoltant c'est l'instrumentalisation de la police qui n'est pas considérée comme un service public par ceux qui la dirigent, mais plutôt comme un instrument de pouvoir. Et la manipulation de l'opinion et des statistiques puisqu'il s'agit de deux choses en relation, ne me paraît pas normal dans la transparence que devrait requérir une démocratie pour que le citoyen soit normalement informé de ce qui se passe. Les chiffres ne représentent rien. On n'est pas plus en sécurité maintenant qu'avant, on fait simplement... on produit... on fabrique du chiffre, à partir d'éléments très artificiels. Les policiers ne peuvent pas parler, et c'est un très gros problème. Et les gens de l'extérieur sont disqualifiés, discrédités. On ne les croit pas, ils sont traités de droits de l'hommistes, on dit qu'ils agissent pour des raisons idéologiques. Alors moi, je tiens à dire que je roule pour personne, ni un parti politique, je ne suis plus délégué d'aucun syndicat, et je tiens à parler parce que les problèmes récents qui ont touchés la police à la fois dans la personne de certains de ses membres et les problèmes qui sont crées à une partie de la population, m'amène à parler, à témoigner de la manière dont on peut percevoir les choses. Voilà.
Partie 2 : Récupération des statistiques
Question : Comment fonctionnent les statistiques de la délinquance ?
Ex-Officier de police : On chiffre selon un ratio. C'est un ratio d'affaires constatées et d'affaires élucidées, c'est une question de pourcentage. Si vous avez par exemple une infraction très grave - et ça il y en a, il est pas question de le nier, il y en a toujours eu, il y a des infractions financières de haut vol, il y a des bandes organisées – ça n'intéresse pas tellement. De temps en temps, faire une affaire pour la galerie, c'est un peu la vitrine, le paravent, mais globalement ce n'est pas ce qui est recherché. Ce n'est pas l'élucidation de ce genre de délits qui est recherché c'est d'arriver à produire des statistiques. Il faut savoir qu'un escroc, dans la tripartition pénale, c'est un délinquant, au sens strict du terme, c'est-à-dire qu'il a commis un délit. C'est très très long à débusquer, à dénicher, à interpeller. Ça demande du personnel qualifié, ça demande de l'investissement. Mais en terme de statistiques, ça ne rapportera qu'une garde à vue s'il y a un interpellé et le nombre de faits commis sera disproportionné une fois qu'on aura remonté l'affaire.
Question : Quels sont alors les délits « rentables » ?
Ex-Officier de police : Les délits qui sont rentables au sens statistique du terme, ce sont les tous petits délits et surtout les délits – je dirais presque – « crées ». Alors viennent les infractions à la législation sur les stupéfiants. Je parle de l'usage, pas des gros trafics, qui de toute façon débordent largement nos frontières. La police fait de temps en temps des grosses affaires mais ce qui alimente le plus les statistiques, qui est le plus rentable, le plus intéressant, c'est ce genre d'infractions. C'est-à-dire : on constate un fait, on interpelle un individu, et on le met en garde à vue : fait constaté, fait élucidé, interpellation, un ratio parfait. Éventuellement une garde à vue, si l'officier de police judiciaire accepte de mettre en garde à vue, ce qu'il fait maintenant sous la pression. Avant, on faisait des mains courantes pour ça ou des procédures avec mise en liberté immédiate, maintenant non, il faut que ce soit la statistique parfaite. Il y a l'étranger, je dis bien le « sans-papier », ce qu'on appelle l'ILE, infraction à la législation sur les étrangers, dans le jargon policier. Les ILE, il est recommandé d'en faire beaucoup, même si on sait qu'ils sont pas expulsables et qu'ils ne seront pas expulsés, parce qu'ils sont chez eux. Mais une loi leur permet de rester – j'en parlais récemment dans une réunion publique – une loi leur permet de rester et une autre loi refuse de leur donner des papiers. Donc, ils resteront pour diverses raisons : le droit du sol, les enfants etc. mais il est quand même conseillé d'en faire un maximum parce que c'est très intéressant. Parce qu'on constate le fait, on interpelle en même temps, et puis il y a une garde à vue à la clé. Et éventuellement un arrêté d'expulsion qui est notifié qui dans la plupart des cas ne pourra pas être effectif parce que la personne aura disparu, ils ne sont quand même pas tous mis en rétention, ou alors on s'aperçoit qu'il était pas expulsable, ou alors qu'il n'était pas irrégulier... mais c'est toujours très bon. Et il y a un autre avantage, c'est qu'on peut interpeller la même personne plusieurs fois dans le mois, ça c'est très intéressant, c'est juteux pour les chiffres. Il y a aussi l'outrage/rébellion, qui augmente en permanence. Alors là, on est dans quelque chose qui est exorbitant du point de vue du droit public puisque c'est l'agent constatateur qui est en même temps la victime, donc on ne peut rien faire contre un outrage/rébellion. C'est, dans l'ordre : un fait constaté, un fait élucidé et un interpellé, éventuellement une garde à vue, et très souvent même une condamnation au moins financière. En attendant, on a fait du chiffre, du crâne, dans le jargon. « Faut faire du crâne », c'est comme ça qu'on dit dans la police, ou « du bâton », parce que ça fait des petits bâtons les statistiques.
Question : Pourquoi la « politique du chiffre » revient-elle en force ?
Ex-officier de police : La politique du chiffre ça a toujours été une tentation parce que c'est très difficile de juger l'action qualitative de la police. A la limite s'il n'y a pas de délinquance du tout, que la police est présente et qu'elle a de très bons contacts avec la population c'est quelque chose de très bien mais comment on va le calculer ça ? Alors que le résultat chiffré de tel service des BACS, ça c'est quelque chose de tangible, du moins en théorie parce qu'en fait on s'aperçoit à l'usage qu'il y a un traficotage qui n'apporte rien du tout à la population en plus il y a tout un discours qui est faussé derrière : « On a constaté quatre millions de délits, donc il y a quatre millions de victimes », j'ai entendu le ministre dire ça, c'est faux, c'est archi-faux. Quand on interpelle quatre ou cinq fois le même clandestin ou le même sans-papier - puisque je fais une différence - il n'y a pas autant de victimes derrière, ce n'est pas vrai. C'est pareil pour le fumeur de shit, c'est pareil pour outrage/rébellion...
Question : Pourquoi privilégier certains délits à d'autres ?
Ex-officier de police : L'ILE, l'infraction à la législation sur les étrangers, on s'aperçoit que ça revient d'un seul coup à la mode, d'un seul coup, comme ça. Alors qu'on sait très bien qu'on ne pourra pas changer les lois existantes, on ne peut pas, pas d'un seul coup comme ça. On ne peut pas renvoyer comme ça les gens par avions, il y a plein de gardes-fous. Il y a des règles de droit, il y des règles humaines. Comme je l'expliquais il y a des gens sans-papiers qui ne sont pas clandestins. Il y a une grosse nuance entre le clandestin et le sans-papier. Le sans-papier peut avoir des gosses, mais le système administratif fait qu'on ne lui donne rien, il n'a pas le droit d'exercer un travail puisqu'il n'a pas ses papiers mais on ne l'expulsera pas : ses enfants on le droit du sol et lui a le droit de rester avec ses enfants. C'est les lois Giscard, elles ne datent pas d'aujourd'hui, mais ça n'empêche pas que maintenant on dit : « Il va falloir taper là-dessus, c'est ce qui gêne les français ». Il y a eu ça, il y a eu la drogue... Il y a des modes, vous remarquerez qu'il y a des modes, il y a des périodes comme ça. Il y a eu les Roumains, il n'y a pas longtemps, parmi les étrangers c'était les Roumains, on s'est mis à ne parler que des Roumains pendant un instant. En fait, c'est des effets d'annonce, des coups d'épée dans l'eau. Ça ne sert strictement à rien, ce sont des politiques inhumaines, elles détournent la police de ce qui devrait être son vrai travail qui est un service public, on finit par l'oublier.
Question : Quelles sont les conséquences sociales de cette politique ?
Ex-officier de police : Dans les endroits où il ne passe pas grand chose, parce que finalement Paris malgré la propagande c'est quand même une ville relativement calme même par rapport à des tas d'autres capitales européennes - puisqu'on se compare toujours aux autres, c'est à la mode - on est quand même relativement tranquille. Donc c'est pas tellement là qu'il y aura des problèmes. (Note : Cette interview a été réalisée le 27 octobre 2005, avant les explosions de violence dans les banlieues) Mais dans certains endroits qui étaient déjà catalogués comme « sensibles », où les gens savent qu'ils sont catalogués « sensibles », en plus ils sont déjà étiquetés, il suffit de passer le périphérique il n'y a pas besoin d'aller très loin, je crois que là, ça crée des tensions supplémentaires, peut-être même dans certains quartiers de Paris, il y a certains îlots où ça se passe plus ou moins bien, là ça crée des tensions, c'est sûr. Le policier on sait qu'il n'est là que pour chasser.
Question : A qui profite vraiment cette politique ?
Ex-officier de police : Je pense, ça c'est une opinion qui m'est personnelle, qu'il y a de gros problèmes sociaux, on a besoin d'un ennemi comme dans toutes les sociétés, il n'y a pas de guerre, là on a trouvé un ennemi de l'intérieur, le vilain, le méchant. Alors le problème c'est que les vrais délits, les vrais crimes, on ne peut pas en claquant des doigts augmenter d'un seul coup le taux d'élucidation, alors on crée ce sentiment, cette panique qui consiste à dire : « Vous vivez au Bronx, tous, votre vie est en permanence en danger, on va vous dépouiller, vous égorger... » Et donc, on met du bleu partout. Et pour justifier qu'il y a des hommes providentiels, des gouvernements providentiels, on interpelle. Ça rassure les gens et les esprits sont quand même bien préparés je trouve. Parce que je crois que quand je suis rentré dans la police c'était l'excès inverse, on ne pouvait pratiquement rien faire, même dans les cas très difficiles. Maintenant les gens sont près, à ma grande surprise, à accepter d'être fouillés, à être contrôlés, à mettre leurs mains partout, (allusion aux prises d'empreintes ADN) à être photographiés. Je suis assez scandalisé, entre le pas assez et le trop... là je crois qu'on est vraiment dans le trop, parce qu'avec les moyens actuels on ne pourra peut-être plus revenir en arrière, sur les fichages, l'atteinte aux libertés. Maintenant pour un vol à l'étalage on se retrouve avec un prélèvement ADN si on a été condamné. Tout individu condamné même pour quelque chose de minime, même une amende correctionnelle de principe, il a un casier et il est prélevé ADN, c'est une flétrissure.
Suite >>> http://regardeavue.com/index.php/2006/05/21/10-sans-casque-ni-bouclier-temoignage-dun-ex-officier-de-police
19 décembre 2006
BILAN SECURITE (4) : les véritables chiffres
Douze millions de vols et d'agressions en France
Ces chiffres astronomiques – pour l'année 2005 – rendus publics par l'Insee mardi sont quatre fois supérieurs aux statistiques policières. Ils proviennent d'une enquête de victimation menée auprès de la population. Une démarche différente des bilans classiques qui se basent sur les plaintes.
Plus de neuf millions d’atteintes aux biens ont été commises en 2005 et près de quatre millions de personnes ont déclaré avoir été victimes d’au moins une agression, selon l’enquête de victimation menée par l’Insee pour le compte de l’Observatoire national de la délinquance (OND). D’origine anglo-saxonne, l’enquête de victimation consiste à demander à des personnes si elles ont été victimes d’un vol ou d’une agression. Elle a été menée début 2006 auprès de 14000 ménages français, soit quelque 25 000 personnes de plus de 14 ans. Les résultats rendus publics mardi à 15 heures soulignent un décalage important entre les déclarations des victimes et les statistiques mesurées par l’activité policière. Ainsi, la délinquance aurait été trois fois supérieure en 2005 aux chiffres constatés par les services de police et de gendarmerie, selon l’enquête de l’Insee et de l’OND qui avance douze millions d’infractions contre les 3.775.000 crimes et délits des statistiques officielles.
Atteintes aux biens. 18,7% des ménages interrogés déclarent avoir subi un vol, une tentative ou un acte de vandalisme en 2005 alors que «les taux d’atteintes sont globalement stables» par rapport à 2004, selon l’OND. Dans leur majorité, les victimes «ne portent pas à la connaissance de la police et de la gendarmerie les atteintes aux biens», et agissent en fonction de la «gravité du préjudice». Moins de 24% des atteintes aux biens font l’objet d’une plainte, particulièrement les actes de vandalisme. Plus d’un vol sur deux n’est pas déclaré, à l’exception des vols de voiture qui sont déclarés à 90% et des cambriolages à 70%. En 2005, 2% des ménages ont subi au moins un vol lié aux deux roues dont 60% ont visé des bicyclettes.
Atteintes aux personnes Plus de 3,8 millions des Français ont subi «au moins une agression» physique ou verbale en 2005, selon la projection réalisée par les deux organismes à partir de leur enquête. Les victimes d’agressions multiples sont plus nombreuses que les victimes d’une agression unique. La majorité des agressions se déroulent dans des lieux publics et près de six fois sur dix, la victime de violences physiques connaît son agresseur. La proportion de femmes se déclarant victimes d’agressions est supérieure à 8% alors qu’elle n’est que 7,4% pour les hommes. Si plus de 75% des victimes de violences ayant entraîné plusieurs jours d’incapacité ont déposé plainte, 8% seulement des agressions verbales sont déclarées.
Sentiment d’insécurité. Il est plus fréquent parmi les habitants des zones urbaines sensible (ZUS). Plus de 30% d’entre eux se sentent «souvent ou de temps en temps en insécurité dans leur quartier», selon l’enquête Insee-OND. Plus de 28% des habitants des ZUS estiment qu’il s’agit du principal problème de leur quartier alors qu’ils ne sont que 13% dans les communes dite «villes centres».
16 décembre 2006
Eléments de propédeutique sarkozienne (4) : la rupture tranquille expliquée aux parents
Pourquoi même la police le lache (4) : un pyromane chef des pompiers

Le rapport qui contredit Sarkozy
Jacky DURAND
Libération, jeudi 08 décembre 2005
Les trois semaines d'émeutes que le France a connues ont correspondu à une "forme d'insurrection non organisée", selon une analyse des Renseignements généraux (RG). "La France a connu une forme d'insurrection non organisée avec l'émergence dans le temps et l''espace d'une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme", indiquent les RG. Ce rapport dévoilé par le Parisien d'hier rejoint les analyses formulées par des gardiens de la paix, des CRS et des officiers dans Libération d'hier. Cette convergence entre des policiers de terrain et les RG va à l'encontre de certains propos du ministre de l'Intérieur qui avait notamment souligné le 3 novembre que les violences urbaines de la nuit précédente n'avaient "rien de spontané" et étaient "parfaitement organisées". Selon Sarkozy, interrogé hier en marge du congrès du Syndicat national des officiers de police (Snop), le rapport des RG "n'a pas été publié et pas exploité dans toute sa réalité".
Pour les RG, la France a connu "une révolte populaire"
Le Monde, jeudi 8 décembre 2005
Dans un rapport daté du 23 novembre, la direction centrale des renseignements généraux (DCRG) tire les enseignements de la vague de violences urbaines qui a traversé le pays à partir du 27 octobre. "La France a connu une forme d'insurrection non organisée avec l'émergence dans le temps et l'espace d'une révolte populaire des cités, sans leader et sans proposition de programme", observe la DCRG, qui évalue le coût des violences à "plus de 250 millions d'euros".
Selon le rapport, dont Le Parisien du mercredi 7 décembre publie des extraits, "aucune solidarité n'a été observée entre les cités", les jeunes s'identifiant "par leur appartenance à leur quartier d'origine et ne se reconnaiss(ant) pas dans ceux d'autres communes".
Les policiers affirment qu' "aucune manipulation n'a été décelée permettant d'accréditer la thèse d'un soulèvement généralisé et organisé".
Ainsi, les islamistes n'auraient joué "aucun rôle dans le déclenchement des violences et dans leur expansion". Ils auraient au contraire eu "tout intérêt à un retour rapide au calme pour éviter les amalgames". L'extrême gauche, de son côté, "n'a pas vu venir le coup et fulmine de ne pas avoir été à l'origine d'un tel mouvement".
Les policiers assurent par ailleurs que "les jeunes des cités étaient habités d'un fort sentiment identitaire ne reposant pas uniquement sur leur origine ethnique ou géographique, mais sur leur condition sociale d'exclus de la société française". Ils précisent que "les jeunes des quartiers sensibles se sentent pénalisés par leur pauvreté, la couleur de leur peau et leurs noms. Ceux qui ont saccagé les cités avaient en commun l'absence de perspectives et d'investissement par le travail dans la société française".
"Tout s'est passé comme si la confiance envers les institutions, mais aussi le secteur privé, source de convoitises, d'emplois et d'intégration économique, avait été perdue", ajoutent les RG.
En conclusion, les policiers évoquent avec inquiétude, à propos des cités, des "ghettos urbains à caractère ethnique". "Il est à craindre désormais que tout nouvel incident fortuit (décès d'un jeune) provoque une nouvelle flambée de violences généralisées", concluent les renseignements généraux.
Sarkozy: Finkielkraut "fait honneur à l'intelligence française"
PARIS, 4 déc 2005 (AFP)Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a jugé dimanche que l'intellectuel français Alain Finkielkraut, dont les propos avaient suscité une vive polémique après une interview à un quotidien israélien sur les émeutes en banlieue, faisait "honneur à l'intelligence française".
"M. Finkielkraut est un intellectuel qui fait honneur à l'intelligence française et s'il y a tant de personnes qui le critiquent, c'est peut-être parce qu'il dit des choses justes", a jugé Nicolas Sarkozy au grand jury
RTL-LCI-LE Figaro.
"Lui ne se croit pas obligé de défendre cette pensée unique qui n'a eu comme seul résultat de porter le Front national à 24%", a poursuivi le ministre. "Voilà le seul résultat de tous ces bien-pensants qui vivent
dans un salon entre le café de Flore et le boulevard Saint-Germain, et qui s'étonnent que la France leur ressemble si peu", a-t-il poursuivi.
Dans un entretien paru dans le quotidien israélien Haaretz, M. Finkielkraut avait estimé que la crise des banlieues était "une révolte à caractère ethnico-religieux". "Un Arabe qui incendie une école, c'est une révolte, un Blanc c'est du fascisme", ajoutait-il. "Bien sûr qu'il y a une discrimination, et il y a certainement des Français racistes, des Français qui n'aiment pas les Arabes et les Noirs et ils les aimeront encore moins maintenant quand ils prendront conscience de la haine qu'ils leur vouent" (...) L'idée généreuse de guerre contre le racisme se transforme petit à petit monstrueusement en une idéologie mensongère. L'antiracisme sera au 21e siècle ce qu'a été le communisme au 20e", disait encore M. Finkielkraut.
Il a ensuite présenté ses "excuses", tout en déclarant avoir été "victime d'amalgames". "Je présente des excuses à ceux que ce personnage que je ne suis pas a blessés (...) la leçon, c'est qu'en effet je ne dois plus
donner d'interview, notamment à des journaux dont je ne contrôle pas ou je ne peux pas contrôler le destin ou la traduction", avait déclaré M. Finkielkraut. Le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) qui avait envisagé de porter plainte contre Alain Finkielkraut pour incitation et provocation à la haine raciale avait finalement renoncé à son action après ces excuses.
13 décembre 2006
Eléments de propédeutique sarkozienne (2) : la rupture tranquille expliquée aux enfants
"Tu te contentes plus des miettes qu'on te jette, tu bouffes tes potes."
La rupture tranquille expliquée aux enfants
envoyé par PeteRock
12 décembre 2006
BILAN SECURITE (3) : Sarko-la-bavure
http://tempsreel.nouvelobs.com
et d'autres
http://tf1.lci.fr/infos/france
mettent en lumière un aspect du bilan de Sarkozy au ministère de l'Intérieur qui n'est pas reluisant : celui de l'augmentation constante des bavures policières.
mais il y a aussi le Sarkozy qui pousse à la bavure
avec son discours sécuritaire aggressif et la culture du chiffre qu'il impose à ses fonctionnaires :
les plaintes sont passées de 19 en 2001 à 40 en 2002, 70 en 2003.
33 % des dossiers concernent la seule police nationale.
En 2004, les plaintes concernant le comportement de policiers ont augmenté de 18,5 %.
D'après le rapport de la Commission nationale de déontologie de la sécurité, remis au Président de la République le 12 avril 2006 mais rendu public en septembre 2006, pas moins de 108 dossiers de plainte contre les forces de l'ordre ont été enregistrés en 2005, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2004. Et la tendance est à l'augmentation pour 2006.
extraits du bilan de la CNDS :
" Majoritairement saisie de dossiers concernant la police nationale, la Commission a été confrontée à de nombreuses situations dans lesquelles des manquements à la déontologie ont pu être observés. Dans de nombreux dossiers, elle a relevé de la part des fonctionnaires des irrégularités dans les pratiques professionnelles : usage indu de la coercition (conduite au commissariat sans procédure ultérieure, placement en garde à vue injustifié, parfois en l'absence évidente d'une infraction, durée de garde à vue excessive) ; utilisation abusive des mesures de coercition (fouille de sécurité systématique et menottage serré contraires aux prescriptions de la
circulaire ministérielle du 11 mars 2003 relative au respect de la dignité des personnes gardées à vue) ; emploi exagéré de gestes techniques professionnels d'intervention (GTPI) aboutissant à des blessures (notamment dans le cadre de reconduites à la frontière).
Certains dossiers ont fait état de blessures graves et de séquelles irréversibles (traumatisme crânien, fractures de bras, du nez, de dents cassées, tympan perforé, lésions testiculaires), et deuxaffaires ont concerné le cas d'étrangers décédés dans l'avion à la suite de gestes de contrainte excessivement prolongés.
suite >> http://www.cnds.fr/pages/Bilan
Le chapitre consacré à la France dans le rapport 2006 d'Amnesty International donne une bonne idée de la France selon Sarkozy, un Sarkoland avec un petit parfum très 'Alabama années 60' :
"Amnesty International a rassemblé des éléments montrant que les mauvais traitements et les homicides racistes imputables à des policiers depuis dix ans n'étaient pas des cas isolés. Le document soulignait que le système judiciaire ne parvenait pas toujours à faire respecter l'obligation pour les responsables présumés de rendre comptes de leurs actes, ni le droit des victimes de violations des droits humains à obtenir réparation. Le fait que le gouvernement continue de ne pas répondre à ces violations a créé un climat d'impunité pour les forces de l'ordre, indiquait le rapport ; il en résultait une justice « à deux vitesses » dans la mesure où les plaintes déposées par les policiers étaient instruites plus vite que celles des victimes de violences policières. Dans leur grande majorité, ces affaires concernaient des étrangers ou des Français d'origine
étrangère."
suite>> http://web.amnesty.org/report2
8 décembre 2006
BILAN SECURITE (2): légifèrer pour masquer l'échec
Par Vanessa SCHNEIDER, Jean-Dominique MERCHET
Libération : mercredi 6 décembre 2006
http://www.liberation.fr/actualite/evenement/evenement1/221507.FR.php
Et de dix.
Le projet de loi sur la prévention de la délinquance adopté hier à l'Assemblée nationale est le dixième texte relatif à l'insécurité voté par la droite depuis 2002. Sans compter les deux lois sur l'immigration. Ce dernier texte important de la législature de Nicolas Sarkozy, sur un thème pilier de sa campagne présidentielle, accroît les pouvoirs des maires et durcit les sanctions contre les mineurs délinquants et les multirécidivistes. Il prévoit également des sanctions dès l'âge de 10 ans et de la détention provisoire dès 13 ans. Cette loi n'a mobilisé qu'une poignée de députés dans l'hémicycle, comme si les élus, même UMP, s'étaient lassés de cette avalanche législative. Et pourtant, dès aujourd'hui, la commission des lois se penche sur une nouvelle réforme de la justice.
Giron.
Rarement un sujet n'aura été autant traité en une seule mandature et pour de si piètres résultats. Cette inflation législative tient évidemment à la personnalité du ministre de l'Intérieur, qui, dans sa logique présidentielle, a voulu incarner l'«action» au sein des gouvernements Raffarin et Villepin. L'insécurité a été au centre de la campagne de 2002 et la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle a convaincu le patron de l'UMP que seule une politique sécuritaire renforcée pourrait faire revenir les électeurs du FN dans le giron de la droite classique. Mais quatre ans et demi après, Le Pen semble ne s'être jamais aussi bien porté dans les sondages. Une donnée qui ne déroute guère les élus UMP. «Sur la délinquance et l'immigration, nous avons apporté des réponses responsables et humaines de nature à faire revenir des électeurs du FN qui nous ont quittés parce que nous n'osions pas nous attaquer à ces sujets», note, optimiste, la députée sarkozyste Nadine Morano. Selon elle, c'est «pendant la campagne» que les responsables UMP pourront convaincre les «égarés» des «bons résultats» obtenus. Patrick Devedjian, un autre proche du numéro 2 du gouvernement, est plus réaliste : «Est-ce qu'on a réussi ? Non. Est-ce qu'on peut réussir ? Non.» Pour lui, l'insécurité est un vaste problème lié à la mondialisation : «Sous la gauche, la délinquance avait augmenté. Avec nous, elle a un peu baissé. On a contenu le problème, même si on ne l'a pas résolu. Les électeurs du FN seront obligés de reconnaître que leurs préoccupations ont été prises en compte. On ne peut plus nous faire le reproche du laxisme.» Même le villepiniste Hervé Mariton approuve la frénésie sarkozyste : «Ce n'est pas sûr que cela suffise, mais c'était indispensable. Si nous n'avions rien fait, les choses auraient été pires.»
A gauche, Ségolène Royal a affiché d'entrée une ligne de grande fermeté. «Si on veut donner une nouvelle chance aux jeunes, au premier acte de délinquance, il faut des systèmes d'encadrement à dimension militaire», avait affirmé la candidate, le 31 mai, suscitant une polémique qui, au final, ne lui a pas nui. «Si nous revenons au pouvoir, nous supprimerons ce qui est dangereux dans la loi Sarkozy», promet Delphine Batho, secrétaire nationale du PS à la sécurité, proche de Ségolène Royal. Dans cette loi «mal foutue, qui ne sera peut-être même pas promulguée», selon Christophe Caresche, adjoint au maire de Paris, les socialistes visent en particulier le rôle des maires, transformés à leurs yeux en «shérifs», la justice des mineurs et le volet santé mentale. Mais surtout le PS veut mettre fin au «bavardage législatif» de la droite. «Cette surenchère législative est du pur affichage, assure Delphine Batho. Certains décrets d'application des lois précédentes n'ont d'ailleurs toujours pas été adoptés. Les professionnels de la sécurité, comme les policiers, se retrouvent avec un mille-feuille législatif inapplicable.»
10 lois en quatre ans et demi !
Sarkozy satisfait les syndicats de police avec la loi de programmation sur la sécurité intérieure, qui prévoit la création de 13 500 emplois dans la police et la gendarmerie et une enveloppe de 5,6 milliards d'euros de 2003 à 2007.
2) Juillet 2002
La loi d'orientation pour la justice, dite loi Perben I, instaure les centres fermés.
Une loi organique crée les juges de proximité.
Le projet de loi sur la sécurité intérieure est adopté à l'Assemblée lors d'un vote solennel. L'article 50 punit de deux mois de prison et de 3 750 euros d'amende le racolage passif.
Loi d'adaptation de la justice à la criminalité, dite loi Perben II. Elle allonge dans certains cas la garde à vue jusqu'à 96 heures et prévoit des perquisitions de nuit.
Une loi facilite la création de fichiers, avant l'aval de la Commission nationale de l'informatique et des libertés.
Un texte précise les conditions de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
La loi sur la récidive instaure le bracelet électronique, qui permet de suivre son porteur à la trace.
La loi sur le terrorisme étend l'utilisation de la vidéosurveillance.
Vote solennel, à l'Assemblée nationale, de la loi de prévention de la délinquance.
7 décembre 2006
Eléments de propédeutique sarkozienne : un homme, des principes, une morale :
C’est une des révélations de l’excellent livre d’Eric Branca et Arnaud Folch, « Le mystère Villiers », qui vient de paraître aux éditions du Rocher.
Et elle va faire du bruit : Nicolas Sarkozy n’aime pas la France, et il le dit lui-même !
La confidence en a été faite à Philippe de Villiers, et voici comment Branca et Folch racontent la scène :
Pourquoi même la police le lache... (3)
Les syndicats qui soutiennent l'action de Nicolas Sarkozy au ministère de
l'Intérieur ont été battus lors des élections professionnelles chez les
125.740 policiers français.
L'UNSA ravit la première place à Alliance aux élections dans la police
http://fr.news.yahoo.com/24112006/202/l-unsa-ravit-la-premiere-place-...
Elections professionnelles de la police: l'UNSA repasse en tête
http://fr.news.yahoo.com/24112006/5/elections-professionnelles-de-la-...
http://fr.news.yahoo.com/24112006/202/l-unsa-remporte-les-elections-p...
Dommages collatéraux (2) : Sarko et la veuve (histoire édifiante)
" En 1993, lors d'une course-poursuite avec un suspect, Régis Latorre, sous-brigadier au commissariat de Marseille, meurt au volant de sa voiture de service. A son entêrrement, l'agent est couronné : fleurs , médaille et citation à l'Ordre de la Nation. L'année suivante sa femme Josiane, commence à percevoir la pension de réversion de son mari. En 1996, la Commission de de réforme de la police de Marseille lui propose de bénéficier d'une nouvelle loi, votée en 1995, qui doubles la pension versées aux veuves des policiers morts en service.La demande est expédiée au Ministère de l'Economie etat des Finances. Le temps passe... L'administration finit par répondre fin 1999. C'est non!
Josiane Latorre saisit alors le Tribuanl administratif, qui lui donne raison en 2002. Elle reçoit 100.OOO euros d'arriérés et touche désormais 2500 euros par mois (contre 1250 auparavant).
Mais le Ministère des Finances n'entend pas en rester là. pour lui 'la seule poursuite d'un véhicule et l'accident qui s'en est ensuivi n'entrent nullement dans les critères de l'opération de police'.
En clair, le sous-brigadier Latorre est mort dans un simple accident de la circulation !
En mars 2006, la cour d'appel se range à l'avis du Ministère : la veuve n'a droit qu'au régime normal. Laz voilà obligée de rembourser 165.000 euros de trop-perçu.
Le coup est rude pour elle qui n'a plus qu'à espérer une remise gracieuse. En mai 2006 la veuve décide d'en appeler à Sarkozy. 'Tu verras, avec lui tout va s'arranger' l'encouragent ses proches.
L'aide de Sarkozy a été précieuse en effet : il s'est empressé de refiler le bébé 'aux services compétents'... c'est-à-dire Bercy.
Résultat ? Bercy menace aujourd'hui de lui couper le restant de sa pension si elle ne paie pas la note"
Le Canard Enchaîné, 29 novembre 2006, p.5
BILAN SECURITE : ni rupture, ni tranquillité !
Pour juger la politique de Sarkozy, il suffit de poser la question :
les banlieues sont-elles dans un meilleur état aujourd'hui qu'il y a cinq ans ? La réponse étant manifestement non.
Les émeutes de 2005 : bilan chiffré
10 346 véhicules brûlés
entre le 27 octobre et le 21 novembre. Cela représente 22,9% du total des véhicules incendiés en France en 2005.
100 bâtiments détruits
Une centaine de bâtiments publics on été détruits par des incendies volontaires.
200 millions de dégâts
La Fédération française des sociétés d'assurances a chiffré à 200 millions d'euros le coût des violences de l'automne : 30 millions pour les véhicules incendiés, 70 millions pour les biens publics et 100 millions pour les commerçants, artisans et entreprises.
Et depuis ?

Mais aussi
>> les violences avec armes à l'école sont en hausse de 73,2% selon les propres services du ministre de l'intérieur, les violences scolaires avaient augmenté de 13% en 2003-2004 dans les lycées et collèges, et de 6% dans les lycées professionnels en 2004-2005.
>> En un an (2005-2006) :
- les vols avec violence ont augmenté de 6,8%
- les violence volontaires de 7,1 %
- les coups & blessures de 10%
>> 94% des vols et 77% des délits restent impunis
>> Entre 2002 et 2005 les violences aux personnes ont augmenté de + de 12,5 %, (chiffre qui n'intègre pas le nombre de voitures brûlées et les dégradations volontaires commises lors des émeutes de fin 2005) , selon les chiffres publiés par l'Observatoire national de la délinquance (OND)

